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Province unie du Canada

En 1837, des rébellions ont éclaté dans le Haut et le Bas-Canada. Les gens étaient mécontents de leur gouvernement élitiste et arrogant dirigé par un groupe de membres des classes supérieures fortunées, surnommé le « Pacte de famille ». Ces rébellions ont été réprimées et leurs dirigeants sont enfuis aux états-Unis, où ils avaient des amis.

Comme les Britanniques ne voulaient pas devoir faire face à une autre révolution, ils ont chargé lord Durham d'aller mener une enquête. Celui-ci a conseillé au gouvernement britannique d'unir le Haut et le Bas-Canada en une seule province qui serait dirigée par une forme de gouvernement plus responsable. Le 10 février 1841, l'Acte d'Union a été adopté à Montréal. Le Haut-Canada est devenu le Canada-Ouest et le Bas-Canada, le Canada-Est.

Lord Durham avait réglé un problème, mais il en restait un autre : où situer la capitale?

Le Canada-Est et le Canada-Ouest avaient accepté tous les deux l'Acte d'Union, mais il leur était plus difficile de s'entendre sur l'emplacement de la capitale. Le premier gouverneur de la Province unie, lord Sydenham, a fait de Kingston, sur la rive du lac Ontario, sa capitale. Quelques années plus tard, le siège de la capitale a été transféré à Montréal, ville plus cosmopolite, mais cela a été un désastre. Pour tenter de plaire à tout le monde, le gouvernement a alors décidé d'alterner entre Toronto et Québec. Tous les quatre ans, le corps législatif déménageait avec sa bibliothèque, la fonction publique et tous ses dossiers et ses documents. À l'époque, cela avait semblé une bonne idée, mais avant longtemps, les récriminations ont repris et le débat a fait rage. Tous avaient une ville préférée, qui se trouvait dans leur circonscription dans la plupart des cas! Finalement, las de cette situation et incapable de se mettre d'accord, le gouvernement a demandé à la reine Victoria et à son Conseil privé de prendre une décision, que tous avaient accepté de respecter.

Kingston

En tant que capitale, la cité de Kingston semblait un bon choix. En 1841, c'était une ville bien établie, à mi-chemin entre Montréal et Toronto. Lord Sydenham est déménagé dans une propriété située sur la rive du lac, Alwington House, et le corps législatif s'est servi de l'immeuble tout neuf de l'hôpital général de Kingston jusqu'à ce qu'un édifice convenable puisse être construit pour le Parlement. Soudainement, Kingston était sortie de l'ombre.

Malheureusement, cela ne devait pas durer. Kingston se trouvait en face d'un port important et d'une base navale américaines, situés de l'autre côté du lac. En temps de guerre, il était toujours exposé à une attaque. Le souvenir de la guerre de 1812 et des rébellions de 1837 était encore frais à la mémoire du gouvernement. En fait, quelques-uns des dirigeants de la rébellion étaient emprisonnés au fort Henry et avaient des amis pas plus loin que de l'autre côté du lac! Par-dessus tout, les députés trouvaient Kingston primitif et trop éloigné de tout.

Lorsque les citoyens de Kingston ont découvert que le gouvernement avait l'intention de partir, ils ont tout essayé pour le faire changer d'idée. Ils ont même voulu faire don de leur bel hôtel de ville tout neuf au gouvernement pour loger la législature. Cependant, le gouvernement avait pris sa décision. La période de gloire de Kingston avait duré deux brèves années.

Montréal

En 1843, le gouvernement a transféré le siège de la capitale à Montréal. Au XIXe siècle, Montréal était une ville commerciale prospère qui avait un port débordant d'activités. Cette agglomération semblait un choix logique comme capitale; elle était située dans le Canada-Est francophone, mais elle était plus proche que Québec de la source d'influence anglophone de Toronto, car sa population était un mélange des deux cultures. Ce mélange s'est avéré effervescent; trop en fait.

Le 23 avril 1849, une émeute a éclaté dans les rues entourant les locaux du corps législatif. La foule était indignée par la loi d'indemnité, qui semblait récompenser les traîtres du rôle qu'ils avaient joué dans les soulèvements de 1837. Lorsque le calme est revenu, l'édifice avait été incendié et le gouverneur, chassé sous une volée de pierres lancées par la foule.

Le gouvernement a repris ses travaux dans l'édifice du marché Bonsecours. Les députés, bouleversés, ont commencé une fois de plus à parler de choisir un lieu plus stable comme capitale. Le choix qu'ils allaient faire n'avait rien de stable.

Toronto et Québec

En 1849, le gouvernement a fait un étrange compromis et décidé d'alterner entre Toronto et Québec tous les quatre ans.

Ces villes avaient été les capitales du Haut et du Bas-Canada avant l'adoption de l'Acte d'Union et elles disposaient toutes les deux d'édifices que la législature pouvait utiliser. Naturellement, les désagréments causés par le fait d'avoir à tout déménager périodiquement suscitaient du mécontentement chez les députés. Cependant, cette solution était logique d'une certaine manière. Ces deux villes offraient toutes les commodités que les députés pouvaient vouloir et elles étaient mieux situées que Kingston.

Personne n'a jamais pensé que c'était-là une solution permanente. En plus d'être très coûteux cela voulait dire que, tous les huit ans, l'économie locale de Toronto et de Québec passerait de la prospérité au marasme. De plus, cela doit avoir été une source d'embarras pour le gouvernement. Après le fiasco de Montréal, le gouvernement avait besoin de renforcer sa crédibilité. Un Parlement nomade ne projetait pas l'image désirée.

La première session a eu lieu à Québec. Elle a pris fin avec un autre incendie catastrophique, qui a détruit les locaux du corps législatif en 1854. La session suivante s'est déroulée à Toronto, dans le vieil édifice du Parlement, sur la rue Front. La dernière session itinérante s'est tenue à Québec, dans un autre immeuble que le précédent, pendant la construction des nouveaux édifices à Ottawa.